lundi 26 septembre 2016

The Girls d’Emma Cline : la descente aux enfers d’une poupée Californienne

Paru aux éditions de La table ronde le 25 août 2016
Collection Quai Voltaire - 336 pages

Un roman qui rencontre un franc succès depuis sa sortie et c'est un succès bien mérité. Avec The Girls on plonge dans la spirale infernale de l’influence d’un groupe, d’un homme, d’une jeune fille sur une adolescente.


En quelques mots

« Je levai les yeux à cause du rire, et je continuai à regarder à cause des filles.
Je remarquai leurs cheveux tout d’abord, longs et pas coiffés. Puis leurs bijoux qui captaient l’éclat du soleil. Toutes les trois étaient trop loin, je ne voyais que les contours de leurs traits, mais ça n’avait pas d’importance : je savais qu’elles étaient différentes de toutes les autres personnes dans le parc. »

jeudi 15 septembre 2016

Petit pays de Gaël Faye : quand un premier roman vous bouleverse

Gaël Faye
Lu via NetGalley - Paru aux éditions Grasset
224 pages


Il est de ces romans qui vous attirent comme des aimants. Avant même que Petit pays rencontre le succès qu’on lui connaît aujourd’hui, mes yeux s’étaient arrêtés sur lui. Premier roman mais surtout gros coup de cœur que je vous conseille sans attendre.
Je remercie vivement les éditions Grasset et NetGalley pour cette merveilleuse découverte.


En quelques mots

Tout démarre avec des souvenirs d’enfance, les jeux d’enfants et l’innocence. Gabriel est un jeune garçon de dix ans vivant au Burundi, d’un père français et d’une mère rwandaise qui a quitté son pays suite au massacre de 1963. Il a une enfance heureuse et confortable. Au Burundi les ethnies Tutsis (Gaby est Tutsi) et Hutus vivent ensemble mais non sans un certain mépris. Mais les histoires de grandes personnes n’entachent pas l’innocence de Gaby et ses amis. Ensemble, ils passent le plus clair de leur temps dans l’impasse où ils vivent et volent quelques mangues dans les jardins pour se faire un peu d’argent.
Et puis un jour tout éclate et Gabriel devient grand bien avant l’âge …

« Cet après-midi là, pour la première fois de ma vie, je suis entré dans la réalité profonde de ce pays. J’ai découvert l’antagonisme hutu et tutsi, infranchissable ligne de démarcation qui obligeait chacun à être d’un camp ou d’un autre. »

Mon avis


Dès les premières lignes on ressent le flow de ce rappeur qu’est Gaël Faye. Le rythme est fluide, le débit rapide. On est ainsi transporté dans la vie de Gaby, on vit avec lui chaque souvenir comme-ci nous étions là derrière lui à observer toutes ces joies de l’enfance, le sourire aux lèvres. 

« Toujours à plaisanter, à chahuter, à nous chatouiller sous les bras et à embrasser Maman dans le cou pour l’embêter. Et quand il riait, Alphonse, la joie repeignait les murs du petit salon de Mamie. »

mardi 13 septembre 2016

Mes illusions donnent sur la cour de Sacha Sperling : voyage au cœur de la décadence

Sacha Sperling
Lu aux éditions Le livre de poche - Paru en août 2011
224 pages

Encore un coup de cœur durant mes vacances farniente même si je n’avais pas de doute en ouvrant ce roman de Sacha Sperling. Je ne vous fais pas attendre plus longtemps et vous dévoile tout de suite le pourquoi de ce coup de cœur.



En quelques mots

« Devenir adulte, c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent. Devenir adulte, c'est admettre qu'il n'existe pas d'ailleurs. Devenir adulte, c’est admettre qu’on va mourir non ? »

Sacha, quatorze ans, est issu d’une bonne famille. C’est un jeune adolescent paumé comme beaucoup de gamins à son âge. 
Un jour, dans un train, il va rencontrer Augustin, un ado du même âge mais un peu moins fréquentable. Ce dernier va devenir indispensable à la vie de Sacha et le faire tomber dans tous les vices : drogue, alcool et sexe. Tout est bon pour oublier cette vie.
Mais comment réagit-on lorsqu’à quatorze ans il faut affronter la réalité de plein fouet ? Comment réagit-on quand on prend conscience que cette personne qui nous tient à cœur n’est autre que la personne qui nous brise également ?

Mon avis


Ah l’adolescence ! Cette période si compliquée où l’on se cherche, où l’on teste, où la colère prend le pas sur cette construction de soi. Sacha Sperling la décrit avec cette prose sensible et crue qu’on lui connaît. Un phrasé court, lancinant comme pour mieux s’approprier les sentiments de cet adolescent fracassé par la vie, par une mère à moitié dépressive et un père absent.

vendredi 9 septembre 2016

Comment tu parles de ton père de Joann Sfar : un hommage vibrant et pudique d'un fils à son père

Joann Sfar
Paru le 18 août chez Albin Michel
160 pages

Joann Sfar, essentiellement connu en tant que dessinateur pour sa très célèbre BD Le chat du Rabbin et pour ses réalisations cinématographiques notamment Gainsbourg, vie héroïque nous offre ici un superbe hommage à son père André Sfar.
Un récit autobiographique à découvrir parmi les trésors de cette rentrée littéraire.


En quelques mots

« Il ne me reste plus de larmes pour mon papa ? Tu parles, ça fait un mois que je n’arrête pas. Est-ce qu’il y a une limite de contenance à nos réservoirs de pleurs ? Je viens de passer une année entière, par la faute de ma séparation, de ma nouvelle vie, et plus récemment de la mort de papa, une année à ne pas dormir et à pleurer. »

Dans ce livre à cœur ouvert, Joann Sfar se confie sur sa vie et plus particulièrement sur la mort de son papa, un juif pratiquant et un brillant avocat. Mais ce n’est pas là la seule qualité d’André Sfar. Son fils le décrit comme un tombeur de ces dames qui a « baisé toute la côte d’azur » (à la bonne heure !), un homme bourré d’humour et bagarreur. 

Si l’hommage à André Sfar est le centre de ce récit, l'auteur aborde également d’autres points de sa vie tels que la perte de sa maman « partie en voyage » à l’âge de trois ans et demi, son grand-père Arthur arrivé de Pologne dans les années 30, son ex-femme … 
Comment tu parles de ton père est un témoignage de vie très personnel qui ne peut laisser personne indifférent.


Mon avis

Très bonne même !

Si j’ai trouvé les premières pages de ce récit quelques peu désordonnées, cette sensation s’est bien vite estompée en poursuivant ma lecture. J’ai compris que l’auteur avait certainement lui-même la vue et le cœur brouillés par tous ses souvenirs et par la blessure non cicatrisée de la perte de son père.

jeudi 8 septembre 2016

Pardonnable, impardonnable de Valérie Tong Cuong : le tumulte d’une famille moderne

Valérie Tong Cuong
Paru aux éditions J'ai Lu en mars 2016
320 pages

C’est grâce à la charmante Virginie Vertigo que j’ai pu découvrir cette pépite de Valérie Tong Cuong sur mon transat cet été. A mon tour, je vous invite à vous le procurez d’urgence.



En quelques mots 

Quoi de plus ennuyant l’été que de réviser son anglais ou encore son histoire quand on s’appelle Milo et que l’on a douze ans ? Ainsi,  sa tante Marguerite va l’emmener se balader en vélo. Un défi les attend : descendre le plus rapidement possible une pente sur un petit chemin tortueux dans les bois. C’est l’accident … Milo se fracasse le crâne contre le sol. La descente aux enfers commence.