dimanche 26 février 2017

Atelier d'écriture #255 de Bric à Book | Mise en veille prolongée

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

© Fred Hedin 

Elle pousse la porte de ce bureau, ses yeux s’arrondissent. Quel foutoir ! On dirait qu’une tempête est passée par ici. Tout est dans son jus, outils, vieux ordinateurs, magazine, la sensation d’un voyage dans le passé … Elle se dit que cela va lui prendre des heures à tout trier, tout ranger. Par quoi commencer ? Et quoi faire de tous ces vieux machins ? Plus choix, maintenant qu’elle y est, elle doit se retrousser les manches, elle a déjà trop attendu. La maison est vendue depuis deux mois, les nouveaux propriétaires ne tarderont plus à emménager ici.

vendredi 24 février 2017

Je me suis tue de Mathieu Menegaux : premier roman coup de maître

Mathieu Menegaux
Paru en poche aux éditions Points en janvier 2017
144 pages

Lu dans le cadre de la sélection du prix du meilleur roman des lecteurs Points ce livre est une bombe qui vous explose en plein visage, oui c’est rude, mais tellement réaliste.


Claire, la quarantaine, est en prison depuis deux ans, elle est en attente de son jugement, de cette sentence irrévocable. Une attente qui devient de plus en plus insupportable. Alors c'est décidé, elle reprendra sa liberté, se fera la belle. Avant de passer à l’acte, elle décide de raconter aux lecteurs son histoire, le pourquoi de son enfermement, quelle femme elle est ou plutôt elle était car la prison change un être.

mercredi 22 février 2017

Sous dialyses de Charline Lambert : poésie à l’état pur

Charline Lambert
Paru en août 2016 chez L'Age d'Homme
72 pages

Sous dialyses est le second recueil de poésie de Charline Lambert. Elle a reçu le prix Georges Lockem de l’Académie royale pour son premier recueil Chanvre et Lièvre

En amoureuse de la poésie que je suis, je n’ai pu résister lorsque Babelio l’a proposé dans l’opération Masse Critique. Merci à eux et aux éditions L’Âge d’Homme.

dimanche 19 février 2017

Atelier d'écriture #254 de Bric à Book | Gare aux rêves

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)


© Julien Ribot
Gare aux rêves

Vous êtes-vous déjà arrêtés un instant en gare ? Dans cette salle des pas perdus, Gare Lille Flandres, Paris Nord, Lyon ou qu’importe, toutes les gares se ressemblent, toutes les vies qui s’agitent aussi.
Sur les petits écrans annonçant les voyages, heure H, minute M, destination X, les numéros de quais défilent au compte-gouttes, lentement, contrairement à cette foule qui se presse comme des milliers de fourmis ouvrières. 
Un instant, je m’arrête, un instant j’observe tout ce monde qui vit, qui danse d’empressement, qui danse d’impatience. Valise à la main, sac de voyage pendu sur l’épaule, chaque voyageur possède son propre style. Certains attendent pour rentrer chez eux, retrouver leur famille ou leur chat. Certains attendent l’arrivée du train pour serrer dans leur bras un enfant, un amant, un mari, une épouse, un ami. 
Il y a deux lieux dans lesquelles je retrouve cette sensation de vie immense, intense : les terrasses de café l’été, les gares tout le reste de l’année.

vendredi 17 février 2017

Adolphe a disparu d’Eric Metzger : la belle surprise d’un humoriste

Adolphe a disparu
Paru en février 2017 chez Gallimard
Collection l'Arpenteur - 144 pages


Pour moi Eric Metzger c’est Eric et Quentin dans le Quotidien de Yann Barthès. Sans savoir qu’il avait déjà écrit un premier roman j’ai d’abord été dubitative « un humoriste, un roman moui bon à voir » et puis j’ai appris pour son premier roman, j’ai appris les études qu’il avait entrepris, j’ai lu la dernière de couverture et je me suis laissée tenter.

mardi 14 février 2017

La chair de Rosa Montero : désir et amour d’une sexagénaire

Rosa Montero
Paru en janvier 2017 aux éditions Métailié
196 pages


Quelle meilleure période pour vous parler d’un roman d’amour que celle de la Saint Valentin ? Ne vous m’éprenez pas, il ne s’agit pas d’un roman niais et fleur bleue. Lisez plutôt...


Soledad est une sexagénaire, spécialiste en histoire de l’art, conférencière, organisatrice d’expositions. Une femme dynamique et élégante, le genre de femme qu’on rêverait d’être à soixante ans. Sans enfant, elle mène une vie plutôt solitaire. 
Elle a un penchant pour les hommes plus jeunes et souvent les hommes mariés, ceux qu’on ne peut rencontrer qu’en journée, ceux avec lesquels on ne peut jamais passer une nuit entière. Ainsi, Soledad entretenait une relation avec Mario, un quadragénaire marié, qui décide de la quitter pour retrouver sa femme enceinte.

dimanche 12 février 2017

Atelier d'écriture #253 de Bric à Book | Abîme du désamour

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)


© Julien Ribot

Nous étions venus chercher la belle vie, ici à Paris. Tu en rêvais alors un beau matin je t’ai dit « prépare tes affaires, on s’en va ». Je revois ton regard dans lequel l’interrogation se mêlait à l’excitation. J’avais tout organisé, je t’avais si souvent répété cette phrase « promis juré qu’on la vivra notre putain de belle histoire » qu’il était temps de la concrétiser.

Comme j’ai aimé te voir sautiller, les yeux ronds, grands ouverts lorsque pour la première fois tu as aperçu la Dame de Fer. Nous avons sillonné les rues pavés, qu’importait le temps, pluie, vent, blizzard, rien ne nous arrêtait, nous avions soif de découverte, soif de liberté, soif d’amour. Enivrante, tu brillais tout autant que cette ville lumière. Portés par des projets plein la tête, nous avons vécu des années de bonheur, parfois aussi des mois d’amour et d’eau fraîche, naïfs êtres. 

Mais le temps a fui et avec lui la passion. Désormais je suis cet homme assis sur le bord de la Seine, sur ce quai où nous avions l’habitude de contempler la beauté d’une ville, la beauté d’une île toujours à 100 à l’heure. J’ai le cœur qui a froid. Je me sens telle une ombre, insignifiant face à toute la grandeur de cette ville. Avec mon maigre sac à dos, avec mon amertume et pour seule compagnie ce pauvre cygne qui a certainement pitié de moi. Ne me reste que ton corps ancré dans ma chair, ta voix comme écho lointain qui je le sens, peu à peu s’efface.

Et dans l’universalité de l’abîme du désamour, je pense à ces êtres de Paris ou d’ailleurs, à toutes ces autres villes qui nous jettent leurs merveilles à la tête, dans lesquelles nombre d’hommes et de femmes laissent vagabonder leur âme, leur crachant en retour les fragments d’un cœur meurtri.  

© Amandine - L'ivresse littéraire

jeudi 9 février 2017

Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson : amour et défection

Philippe Besson
Paru chez Julliard en janvier 2017
198 pages

Tout d’abord je tiens à remercier les éditions Robert Laffont et Julliard pour cette superbe découverte. C'est un ouvrage qu'il me tenait particulièrement à cœur de découvrir même si je connais peu les romans de Philippe Besson, il n'en reste pas moins que c'est une personne que j'aime réellement écouter parler. 


« Mon regard se promène sur les gens qui traversent le hall, les allées et venues, les arrivées et les départs, j’invente des vies à ces gens qui s’en vont, qui s’en viennent, je tâche d’imaginer d’où ils arrivent, où ils repartent, j’ai toujours aimé faire ça, inventer des vies à des inconnus à peine croisés, m’intéresser à des silhouettes, c’est presque une manie, il me semble que ça a commencé dès l’enfance, oui c’était là dans le plus jeune âge, maintenant je me souviens, cela inquiétait ma mère, elle me disait : arrête avec tes mensonges, elle disait mensonges à la place d’histoires, ça m’est resté […] »

Lors d’une interview sur son dernier roman, Philippe croise un homme. Un homme qu’il croit reconnaître, qui a fait partie intégrante de sa vie lorsqu’il est était adolescent. Qui est-il ? 

mardi 7 février 2017

L’île du Point Némo de Jean-Marie Blas de Roblès : immersion au pays de l’imaginaire

Jean-Marie Blas de Roblès
Paru en grand format chez Zulma
et en poche aux éditions Points - 480 pages

Il est de ces romans dont on ne sait quoi penser après avoir refermé la dernière page. L’île du Point Némo fait typiquement partie de cette catégorie. 
Pardonnez d’avance cette chronique très personnelle, il m’est difficile de l’aborder autrement.


Tout démarre sur le vol d’un diamant, sur des meurtres et de curieux indices comme des chaussures d’une marque inconnue et des pieds, droits uniquement. L’enquête débute avec de drôle de personnages, Martial Canterel, un dandy français, son ami J. Shylock Holmes et son "majordome" Grimod, et une gouvernante au caractère bien trempé.
Nous poursuivons la lecture dans une usine de production de liseuse présidée par monsieur Wang, un homme aux pratiques sexuelles particulières, fantasmant sur l’une de ces employées, mais assouvissant ses désirs avec la DRH, une ancienne militaire un peu disgracieuse.
Nous rencontrons ensuite un couple charmant au demeurant, dont le mari travaille dans l’usine de Monsieur Wang. Ce pauvre mari est bien incapable de satisfaire sa femme puisqu’il est atteint de cécité sexuelle. Mais celle-ci ne perd pas espoir et met en œuvre de bien surprenants stratagèmes pour tenter de réveiller le sexe de son cher et tendre. 
Pour finir nous rencontrons Arnaud, ancien entrepreneur d’une manufacture de cigare dans le Périgord. Arnaud est follement épris de sa Dulcie qui a malheureusement été victime d’une attaque cérébrale. Passionné de littérature, il met à profit sa passion dans l’usine de monsieur Wang après la lui avoir vendu.

dimanche 5 février 2017

Atelier d'écriture #252 de Bric à Book | Symbiose

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

© Emma Jane Browne

Participation minimaliste mais participation quand même ... 


Symbiose

De ces gestes connus par cœur, c’est le corps qui exprime pour l’esprit,
Silencieusement, religieusement, il décharge à son tour son ressenti,
Apaise la conscience tel un pansement sur quelques plaies et recherche,
Telle une caresse de l’être aimé, ces petites consolations que l’on prêche

De ces mouvements rassurants, le corps libère toutes les tensions,
Buste droit, inspiration profonde, tout oublier pour jouir d’élévation,
S’épanouir dans la méditation, se nourrir des instants d’harmonie,
Trouver totale symbiose, dans la douceur des gestes, du corps et de l’esprit.

© Amandine - L'ivresse littéraire

jeudi 2 février 2017

Deux enfants du demi-siècle de Charles Nemes : coup de cœur pour une claque de vie sur quarante ans

Charles Nemes
Paru aux éditions Hervé Chopin en janvier 2017
208 pages

C’est un roman sur lequel je ne me serais certainement pas arrêtée si je n’avais pas eu la chance de le lire en avant-première pour un petit déjeuner de lecteurs dans ma librairie habituelle. 
Retour sur une découverte d’auteur et de maison d’édition.


« Toussaint perdit Thérèse par défaut d’ardeur, puis de courage, enfin de sentiment. Il découvrit les limites de la passion enfantine ; ils ne s’aimaient pas autant qu’ils le juraient. Ils avaient été l’un pour l’autre le premier, l’initiatrice, le découvreur, l’inespérée. Ils n’étaient que gauches, inéduqués et ne concevaient le monde qu’à travers leurs regards posés l’un sur l’autre. Passé les larmes éternelles et les tentations de suicide, ils avaient accepté de se manquer, de souffrir moins, de scruter enfin l’horizon. »

Toussaint et Thérèse ont quinze ans lorsqu’ils tombent amoureux et s’offrent l’un à l’autre. Mais une relation amoureuse entre un fils de famille bourgeoise et catholique et la fille d’un rabbin n’est pas vue d’un bon œil par les familles respectives dans cette France d’après-guerre. Par la force des choses, les deux tourtereaux vont être séparés l’un de l’autre.