mercredi 29 mars 2017

Les oiseaux migrateurs de Clémentine V. Baron : témoignages poignants de ceux que l’on nomme « migrants »

Les oiseaux migrateurs Clémentine V. Baron
Paru aux éditions L'Harmattan en décembre 2016
168 pages

Il y a quelque temps de cela, je découvre sur les réseaux sociaux Les oiseaux migrateurs de Clémentine V. Baron paru aux éditions l’Harmattan. Je lis les articles avec intérêt, je fais quelques recherches et puis même si j’ai une montagne de livres à lire dans ma bibliothèque, je décide de me plonger dans ce recueil car j’ai envie, j’ai besoin d’aller à la rencontre de ces gens dont les médias parlent tant mais qui n’ont pas ou peu la parole pour se raconter.


jeudi 23 mars 2017

Presque ensemble de Marjorie Philibert : analyse profonde d’un couple et de son quotidien

Presque ensemble Marjorie Philibert
Paru chez JC Lattès en janvier 2017
376 pages

L’aventure des 68 premières fois continue avec un premier roman qui nous parle d’amour ou plutôt de la complexité des sentiments amoureux face au temps, au quotidien et aux rêves.


Victoire est née le jour de l’élection de Mitterand, ses parents auraient voulu qu’elle soit fougueuse, comme ils l’ont été dans leur jeunesse mais Victoire préfère plutôt rester dans le droit chemin, prendre son temps et être raisonnable. Quant à Nicolas, il est né du désir de sa mère, désir d’avoir un enfant mais aussi désir de retenir son mari, coureur de jupon qui lui ne voulait pas entendre parler d’enfant.

dimanche 19 mars 2017

Atelier d'écriture #258 de Bric à Book | Parfums de l'été

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

Photographie Fred Hedin
© Fred Hedin

Sous le ciel bleu de l’été, sous le clair azur, au ciel des baisers papillonnants, deux jeunes amants au cœur pur vivent leur passion au gré du vent qui court. Ils savourent leur amour sur le lit des parfums de l’été.
Le soleil à son paroxysme vient réchauffer leurs corps simplement vêtus. La jeune femme tourne la tête, ses yeux éblouis par la lumière s’ouvrent difficilement. Sans le voir, elle sait qu’il la regarde. 

dimanche 12 mars 2017

Atelier d'écriture #257 de Bric à Book | Plaidoyer à Dieu

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

© Emma Jane Browne

Je ne sais pourquoi, j’ai franchi le seuil de cette église, moi qui ne crois plus en Dieu depuis que j’observe le monde agoniser.

En entrant dans ce lieu sacro-saint, il y avait un homme. Perdu dans sa prière il n’a pas entendu mes pas fouler le sol froid. Je l’ai observé longuement, cherchant la raison de nos présences respectives.

Le jour déclinait et la lumière qui conférait à cet endroit une sensation de paix laissait désormais place à une obscurité effrayante. Mais il semblait que ce vieux monsieur ait bien trop de choses à dire à notre Tout Puissant pour se rendre compte de l’hostilité du lieu. Prenant exemple sur lui, je me suis alors imaginé moi aussi parler à Dieu, lui livrant mon plaidoyer.

« Qui puis-je donc bien prier, moi qui ne croit plus en Toi ? A quel saint me vouer ? Bien sûr j’aurai aimé y croire, encore, un rien, un peu. Mais mon ciel est bien vide et j’ai perdu ma foi. D’ailleurs tu n’es pas le seul en qui je n’ai plus foi. J’ai perdu mes idéaux en moins de trente-cinq ans. S’il se peut que là-haut ou ailleurs, tu perçois ces paroles, saches que je n’ai pas plus foi en toi que je n’ai foi en l’Homme même si je les chéris. 
Car viens donc sur Terre constater toute l’Horreur que tes fils et filles ont engendré. Viens te positionner au milieu des terrains minés, des champs de tir et des cimetières à ciel ouvert. Viens respirer les poussières de la guerre, regarder cet enfant agonisant te tendre la main dans un espoir vain. Accueille-le en ton sein. Observe la folie qui ravage la Terre par la seule main de l’Homme. 
Viens annoncer toi-même qu’une mère va mourir car la maladie qui la touche ne peut être soignée dans ce pays. Viens et tente de guérir les blessures physiques et psychologiques de cette petite fille violée en République Démocratique du Congo. 
Je vois chaque jour ces gens offrir un peu aux autres alors qu’ils n’ont plus rien. Mais Toi que leur offres-tu ? Moi, je tais ma révolte, partage avec eux la douleur, tente de panser leurs blessures. Parfois je les regarde mourir, impuissant… Et Toi où es-tu donc à ces instants précis ?
Ouvre donc les yeux, et regarde ce que ta création fait de son prochain. Parfois même en ton Nom ! Alors je te le demande : combien de temps encore laisseras-tu l’inhumanité prendre le dessus sur l’Amour ? 

C’est pour toutes ces questions qui me hantent que j’ai perdu la foi, moi qui te priais chaque jour lorsque j’étais enfant, petit être naïf. »

En imaginant ces quelques paroles criées intérieurement, intensément, je me suis subitement aperçu que les larmes de rage et de douleurs inondaient mon visage, les poings serrés et les sourcils froncés de tant de colère. Qu’est-ce que je foutais là, à quoi pensais-je en rentrant dans ce lieu ? C’est une question de plus qui restera sans réponse. 

Le regard dans le vide et vidé, je n’ai pas remarqué le vieux monsieur rebrousser chemin vers la sortie. En passant à côté de moi, il a posé la main sur mon épaule, a murmuré quelques paroles qui sans les comprendre ont instantanément apaisé mon cœur. Et dans un sourire bienveillant, il a quitté l’église. 
J’y suis resté encore quelques instants, tout penaud. Puis pris d’une incontrôlable envie, je suis parti précipitamment pour rattraper ce vieux monsieur. 
Mais une fois dehors, il n’était déjà plus là. Comme envolé … 

vendredi 10 mars 2017

Le linguiste était presque parfait de David Carkeet : un vrai-faux polar drôlissime [+CONCOURS]

Le linguiste était presque parfait
Lu aux éditions Points - 312 pages

Publié aux Etats-Unis en 1980, Le linguiste était presque parfait arrive en France trente-trois ans plus tard, pour le plus grand plaisir des fans de polars et de fantaisie. Un roman truculent ! Considéré aux USA comme un livre totem auprès des lecteurs, il mérite assurément le même succès en France.


Arrêtons-nous tout d’abord sur la définition de linguiste (et bien oui c’est important). Un linguiste est un scientifique qui étudie le langage et les langues, jusque là c’est plutôt logique mais la linguistique se distingue de l’étude grammaticale. Elle a pour objet l’étude des aspects phonologiques, syntaxiques, lexicaux et sémantiques et se fondent uniquement sur l’observation des faits.
J’espère ne pas vous avoir perdu avec cette explication mais avant d’aller plus loin il fallait planter le décor.

dimanche 5 mars 2017

Atelier d'écriture #256 de Bric à Book | La légende de Chikako

Chaque semaine, Leiloona du blog Bric à Book organise un atelier d'écriture. Le principe : à partir d'une photo, sélectionnée une semaine à l'avance, proposer un texte au ton et genre de notre choix. De quoi éveiller notre imagination :-)

Vincent Héquet
© Vincent Héquet

Une vieille légende raconte qu’une fois par siècle, une petite fille est envoyée par mère Nature au cœur des hommes. Cette petite fille est dotée de toutes les perceptions de la terre : fragilité, sensibilité, beauté, respect, chaleur. Mais aussi d’un grand pouvoir : celui de rendre les Hommes et êtres vivants meilleurs et dans un état de bien-être immédiat.

vendredi 3 mars 2017

Marx et la poupée de Maryam Madjidi : exil et danse des langues

Maryam Madjidi
Paru aux éditions Le Nouvel Attila
208 pages


Premier roman lu dans le cadre des 68 premières fois (une aventure dont je vous parlerai plus en détails d'ici quelques temps), mais aussi première claque, premier coup de foudre. 


« Je me promène sur une plaine vaste et silencieuse qui ressemble au cimetière des maudits et je déterre des souvenirs, des anecdotes, des histoires douloureuses ou poignantes. Ça pue parfois. L’odeur de la mort et du passé est tenace. Je me retrouve avec tous ces morts qui me fixent du regard et qui m’implorent de les raconter […]. Invisibles, ils suivent mes pas. Parfois, je me retourne brusquement dans la rue et le vois des bouches effacés. » 

mercredi 1 mars 2017

Vie de ma voisine de Geneviève Brisac : un bouleversant témoignage de vie

Geneviève Brisac
Paru chez Grasset en janvier 2017
180 pages

Dans ce roman biographique, Geneviève Brisac prête sa voix à Eugénie Plocki, dit Jenny, sa voisine. 
C’est en échangeant avec elle autour de Charlotte Delbo, de leur amour des livres et du théâtre, que Jenny va peu à peu se confier à l’auteure.


« Il fallait aller au commissariat chercher ça, dit Jenny en tirant son étoile d’un placard. En la posant sur la table.
Dans ses gestes retenus et violents à la fois, mille choses se lisent, la rage rentrée, le dégoût, une stupeur jamais digérée, le sentiment d’exhiber la preuve absolue. La preuve que cela a été possible, que cela a été vrai. Que cela a eu lieu. Réellement. »